Les méthodes contraceptives sans œstrogènes – vue d’ensemble

Pilule progestative

Injection hormonale

Implant hormonal

Stérilet hormonal 3

Stérilet hormonal 5

Le mode d’action – différent mais équivalent

Ces méthodes de contraception hormonales fonctionnent uniquement par l’action du progestatif et ne contiennent pas de substance de type œstrogène. Elles peuvent donc autant être appelées préparations progestatives que préparations sans œstrogènes. L’effet de toutes les méthodes sans œstrogènes est imputable à un même mécanisme commun: la glaire cervicale épaissie crée un bouchon muqueux et le col de l’utérus devient infranchissable pour les spermatozoïdes. Par ailleurs, les préparations progestatives inhibent la prolifération de la muqueuse utérine, toutefois à des degrés d’intensité variable. La pilule progestative, l’injection hormonale de même que l’implant hormonal suppriment en outre l’ovulation.

Les stérilets hormonaux sont des dispositifs intra-utérins munis d’un système servant à administrer une dose minime de progestatif dont l’effet principal est localement restreint à l’utérus. Ils n’altèrent donc que partiellement le cycle menstruel naturel, et l’ovulation n’est donc généralement pas supprimée. Néanmoins, ce mode d’action local possède un effet supplémentaire par son influence inhibitrice sur la mobilité et la capacité de fertilisation des spermatozoïdes.

Les préparations à base de progestatif seul sont des méthodes très efficaces pour la contraception (leur indice de Pearl est consultable en page 17). La plupart sont administrées sous la forme d’un dépôt hormonal: en fonction de la préparation – au niveau du bras, de la fesse ou de l’utérus. De telles préparations ne nécessitent pas une application quotidienne ou hebdomadaire, ce qui représente un grand avantage contre de possibles oublis.

Pour qui les méthodes sans œstrogènes sont-elles appropriées?

Les préparations sans œstrogènes sont conviennent aux femmes qui souhaitent une contraception de haute fiabilité et pour lesquelles il n’existe pas de restrictions concernant l’utilisation. Les méthodes hormonales progestatives sont également adaptées aux femmes qui ne souhaitent pas prendre d’œstrogènes ou ne le peuvent pas, notamment pendant l’allaitement, ou en raison des effets indésirables liés aux œstrogènes, ou encore de facteurs de risque). L’évaluation de la situation et les éventuelles contre-indications aux œstrogènes sont des questions à approfondir conjointement avec le médecin.

Les avantages – bon à savoir

Toutes les méthodes sans œstrogènes sont des moyens de contraception fiables. Ces méthodes de contraception fonctionnent uniquement par l’action d’un progestatif et peuvent par conséquent être utilisées chez les femmes qui ne souhaitent ou ne peuvent pas prendre d’œstrogènes. Selon les dernières données, ces méthodes ne sont pas liées à un risque accru de maladie thromboembolique.

Les inconvénients – à prendre en considération

Les méthodes sans œstrogènes peuvent conduire à des saignements irréguliers. Ceux-ci s’atténuent généralement en quelques mois. Parfois, l’utilisation de méthodes hormonales uniquement progestatives conduit à un arrêt complet des menstruations, ou aménorrhée. L’absence de règles est inquiétante pour certaines femmes, tandis que d’autres apprécieront la disparition des saignements et des éventuelles douleurs associées. Les contraceptifs uniquement progestatifs ne permettent pas de retarder la survenue des menstruations.

En général, les moyens de contraception sans œstrogènes sont bien tolérés. Il faut toutefois soigneusement considérer les inconvénients potentiels en regard des bénéfices. Parmi les effets indésirables fréquents, on compte, en particulier en début d’utilisation, des saignements irréguliers, de l’acné, des maux de tête et des troubles dépressifs de l’humeur. La liste des effets indésirables de toute préparation figure sur la notice pharmaceutique dans l’emballage.

Vous devez immédiatement contacter votre médecin si vous observez les symptômes suivants:

  • Saignements intenses, prolongés ou anormalement douloureux
  • Première apparition ou aggravation de maux de tête particulièrement violents ou de type migraineux
  • Troubles soudains de la vue, de l’ouïe, de l’élocution ou d’autres formes de perception
  • Premiers signes de manifestations thromboemboliques (p. ex. douleurs inhabituelles ou gonflement des jambes, ou douleurs lancinantes à la respiration)
  • Augmentation significative de la tension artérielle (lors de mesures répétées)
  • Apparition d’une jaunisse, d’une hépatite, de démangeaisons généralisées
  • Fortes douleurs dans la partie supérieure de l’abdomen ou gonflement important de l’abdomen
  • Survenue soudaine de vertiges, collapsus, sensation de faiblesse, troubles émotionnels ou augmentation des crises épileptiques
  • Grossesse établie ou suspectée

Ces phénomènes peuvent résulter de graves problèmes de santé qui ne sont pas nécessairement liés à la contraception hormonale , mais qui en imposent toutefois l’arrêt immédiat. Il est également recommandé de convenir avec le médecin des possibilités d’interruption de certaines méthodes de contraception hormonale progestative au moins quatre semaines avant une intervention chirurgicale prévue ainsi que durant une immobilisation de longue durée (par exemple à la suite d’un accident ou d’une opération). Et comme dans ce cas une contraception efficace peut rester souhaitable, le gynécologue devra discuter de la mise en place d’une méthode de substitution.

Les saignements intermenstruels – ça peut arriver

Des saignements irréguliers peuvent survenir durant les premiers mois de prise d’une pilule, mais devraient être mentionnés au gynécologue s’ils se prolongent au-delà de trois mois ou s’ils s’intensifient.

Utilisation pendant l’allaitement – pause bébé

Les méthodes contraceptives hormonales uniquement progestatives n’ont aucun effet sur la quantité ou la qualité du lait maternel (concentration de protéines, de lactose ou de lipides). Selon l’état actuel de la recherche, l’utilisation d’un contraceptif progestatif ne semble pas avoir d’effet néfaste sur la croissance et le développement du nourrisson ou du petit enfant. Par ailleurs, la pilule œstro-progestative, l’anneau vaginal et le patch hormonal sont contre-indiqués pendant l’allaitement.